Application mobile ou site web : lequel pour ton activité ?
C'est l'arbitrage le plus fréquent, et le plus mal tranché. Beaucoup paient une application mobile là où une application web aurait mieux fait le travail, pour moins de contraintes et plus vite. Et quelques-uns paient une application alors qu'un simple site vitrine aurait suffi. Attention, trois choses différentes se cachent derrière le mot « web ». Un site vitrine présente ton activité, il sert à être trouvé sur Google. Une application web est un outil : on s'y connecte, on y travaille, elle gère des utilisateurs et de l'argent. Ce ne sont pas les mêmes produits, ni les mêmes budgets. La bonne réponse ne dépend ni de la mode ni du budget. Elle dépend de qui va s'en servir, dans quel contexte, et à quelle fréquence. Site vitrine, application web, application mobile : trois produits différents. Le mot « web » recouvre deux choses qui n'ont rien à voir. Un site vitrine présente ton activité : quelques pages, un formulaire de contact, un objectif de visibilité sur Google. Une application web, ce qu'on appelle aussi un SaaS, est un produit : on s'y connecte avec un identifiant, il y a des comptes, des profils, des données, souvent des paiements. leboncoin.fr et airbnb.com sont des applications web. Confondre les deux est l'erreur la plus chère de ce sujet, dans les deux sens. Ce qu'une application mobile fait qu'une application web ne fait pas. Trois choses, concrètement. Elle occupe une place sur l'écran d'accueil, donc elle est ouverte sans intention préalable. Elle peut envoyer une notification, donc elle décide du moment où l'utilisateur revient. Et elle encaisse un abonnement via l'App Store ou Google Play, avec un paiement en deux taps que l'utilisateur oublie de résilier bien plus souvent qu'un prélèvement classique. Si ton service vise le grand public et vit de la répétition, ces trois choses valent leur prix. Ce qu'une application web fait qu'une application mobile ne fait pas. Elle se met en ligne le jour où tu veux : pas de compte développeur, pas de validation d'Apple, pas de calendrier de mise à jour imposé. À périmètre égal, ça représente deux à trois semaines de moins. Elle n'a pas de commission de store, donc il te reste environ 78 % de ce que tu encaisses contre environ 70 % sur mobile. Et elle n'a rien à installer : un professionnel qui doit équiper son équipe envoie une adresse, pas une demande de téléchargement. En contrepartie, personne ne t'amène d'utilisateurs : c'est toi qui vas les chercher. L'erreur de croire que c'est une question de budget. On ne choisit pas son support pour des raisons de prix, et surtout pas en se disant que le web serait l'option économique. Ce qui fait le montant d'un projet, c'est son périmètre : le nombre d'écrans, les profils qui se connectent, les paiements, l'espace d'administration. On choisit selon qui s'en sert et dans quel contexte. Un outil utilisé trois fois par an ne mérite aucune application, même avec un budget confortable. Un outil utilisé tous les jours en mérite une, quitte à réduire le périmètre de la première version.