Prix d'une application mobile : les fourchettes réelles C'est la première question de tous les projets, et c'est une bonne question. Voici les fourchettes réelles, ce qu'elles couvrent, et surtout ce qui explique qu'un même projet reçoive un devis à 4 000 € et un autre à 18 000 €.
Je m'appelle Noé Calmes, je conçois des applications mobiles pensées pour générer des revenus. J'ai publié plus de 20 applications, et une application que j'ai conçue génère environ 13 000 € par mois. Les chiffres qui suivent sont ceux que je pratique et que je vois pratiquer.
La réponse courte, en un tableau
Le prix ne dépend presque pas de la technologie. Il dépend du périmètre, c'est-à-dire de ce que l'application fait et pour combien de types d'utilisateurs différents.
Si tu ne retiens qu'une ligne, retiens la première. C'est celle qui correspond à la très grande majorité des projets qui viennent me voir, et c'est celle qui permet de tester une idée sans engager un budget qu'on ne récupère pas.
Ce que couvre réellement chaque fourchette
Un prix sans son périmètre ne veut rien dire. Voici ce qu'il y a derrière.
5 000 à 8 000 €. Un seul type d'utilisateur, cinq à huit écrans, des comptes, éventuellement un paiement, une publication sur les deux stores. Pas de temps réel, pas d'interface d'administration. C'est une vraie application, pas une maquette.
8 000 à 12 000 €. La même chose avec plus de profondeur fonctionnelle, du contenu structuré, des notifications, une interface d'administration légère, et un vrai travail de design plutôt qu'un habillage.
Une dizaine de milliers d'euros. Deux populations distinctes, par exemple un client et un professionnel, ou une fonction en temps réel comme une messagerie. Ce sont deux parcours, deux jeux de droits et deux fois les tests, et le chiffre dépend alors surtout du nombre d'écrans partagés entre les deux.
50 000 € et au-delà. Des équipes, des processus, plusieurs interlocuteurs. C'est pertinent pour des projets réellement complexes, et surdimensionné pour une première version.
Pourquoi deux devis vont du simple au triple
C'est la question qui revient le plus, et la réponse est presque toujours la même.
Ce n'est pas que l'un est cher et l'autre honnête. C'est qu'ils ne chiffrent pas le même travail. Sur un besoin décrit en trois phrases, chaque prestataire comble les trous avec ses propres hypothèses, et les hypothèses coûtent cher ou pas cher selon qui les fait.
Le test qui règle la question
Demande à chaque prestataire de lister ce qui n'est pas inclus . C'est plus révélateur que la liste de ce qui l'est. Celui qui répond précisément a compris le projet. Celui qui répond que tout est inclus n'a pas encore lu le besoin.
Ce qui disparaît le plus souvent d'un devis bas, dans l'ordre de fréquence : les tests sur appareils réels, la préparation des fiches store, la gestion des cas d'erreur, l'accompagnement à la publication, et la reprise après le premier retour d'utilisateurs.
Les cinq choses qui font monter le prix
Classées par impact réel sur le devis, pas par fréquence dans les discussions.
Le nombre de types d'utilisateurs. C'est de loin le premier facteur. Passer d'un profil à deux ne double pas le travail, mais il l'augmente souvent de moitié : deux parcours, deux jeux de permissions, deux fois les tests, et toutes les interactions entre les deux.
Le temps réel. Messagerie, position en direct, synchronisation entre appareils, notifications instantanées. Chacune a l'air d'une case à cocher et demande une infrastructure à part entière.
Les intégrations avec l'existant. Ton logiciel de réservation, ton CRM, ton outil de facturation. Le coût ne dépend alors plus seulement de nous, mais de la qualité de la documentation d'en face.
Le paiement. Un abonnement géré par les stores est du travail cadré mais réel : plans, période d'essai, restauration d'achat, résiliations, cas limites. Ce n'est jamais une ligne de plus.
Le niveau de finition. La différence entre une application qui fonctionne et une application qu'on a envie d'utiliser se joue sur les détails, et les détails se paient en jours.
Le levier que personne n'utilise
Quand un devis dépasse ton budget, ne demande pas une remise. Demande ce qu'on peut retirer de la première version . Le second levier fonctionne toujours, le premier dégrade juste la qualité à prix affiché constant. Et ce qui est retiré n'est pas perdu : c'est la version suivante, financée par les revenus de la première.
Expert indépendant, agence, offshore
Les trois existent, les trois ont leur logique, et l'écart de prix a des causes identifiables.
Un expert indépendant coûte en général 30 à 50 % de moins qu'une agence à périmètre égal. Pas de marge d'agence, pas de chef de projet intermédiaire, pas de transmission d'information entre trois personnes. Tu parles directement à celui qui construit.
Une agence apporte une capacité que l'indépendant n'a pas : plusieurs personnes en parallèle, une continuité si quelqu'un part, des process. Ça se paie, et pour un projet à plusieurs équipes c'est justifié.
L'offshore affiche des prix imbattables. Ce qu'il faut savoir avant de trancher : le décalage horaire sur les allers-retours, la barrière de langue sur un besoin qui se précise en discutant, et surtout la question de savoir qui reprendra le code dans un an. Le coût réel d'une application se mesure sur trois ans, pas sur le premier devis.
Ce que le devis ne dit pas
Trois postes échappent presque toujours au chiffrage initial, et ce sont eux qui font les mauvaises surprises.
Le coût d'acquisition. Développer une application ne fait pas venir d'utilisateurs. Si tu pars sans audience, le budget pour aller chercher tes premiers clients ne figure dans aucun devis de développement, et il est rarement plus petit que le développement lui-même.
Ce que tu touches réellement. Sur les stores, le prix affiché est TTC. Après TVA et commission, il te reste environ 70 % . Un calcul de rentabilité fait sur le prix brut sous-estime d'un tiers le nombre de clients nécessaires. Le détail est dans combien de clients pour rentabiliser ton application .
Le temps avant le premier euro. Le délai annoncé mesure la fin du développement, pas la mise en vente. Entre les deux il y a une chaîne administrative détaillée dans combien de temps pour créer une application mobile .
Le piège du devis très bas
Ce qui se passe ensuite
Un tarif nettement sous le marché se paie toujours après, et de trois façons : un code que personne d'autre ne peut reprendre, un prestataire qui devient injoignable une fois la dernière facture payée, ou un périmètre qui se réduit silencieusement en cours de route. Le vrai coût d'une application, c'est son coût sur trois ans .
Une application à 4 000 € qu'il faut entièrement réécrire dix-huit mois plus tard coûte plus cher qu'une application à 8 000 € qui tient cinq ans. Ce n'est pas une formule commerciale, c'est le cas que je reprends le plus souvent.
Ce que tu peux faire baisser sans rien perdre
Trois arbitrages font baisser le devis sans dégrader le produit.
Un seul profil d'utilisateur en version 1. Si ton application prévoit un client et un professionnel, sors d'abord celle du client. C'est souvent un tiers du budget en moins, et tu apprends avant de construire la seconde moitié.
Reporter le temps réel. Une messagerie peut commencer par des notifications et un échange asynchrone. La différence de budget est importante, la différence d'usage en version 1 est faible.
Fournir tes contenus toi-même. Textes, photos, conditions générales. C'est du temps facturé si quelqu'un doit les produire, et c'est aussi la première cause de retard.
Ce qu'il ne faut pas couper : les tests, et la préparation de la publication. Ce sont les deux postes dont la suppression ne se voit pas sur le devis et se voit immédiatement après.
Comment obtenir un chiffre sur ton projet
Trois étapes, dans cet ordre, et aucune ne demande d'engager un budget.
Écris ton périmètre en une page. Le problème résolu, pour qui, combien de types d'utilisateurs, ce qui est payant. Pas un cahier des charges de trente pages, une page. Voir le guide de création d'une application mobile .
Demande des devis sur ce périmètre précis. Les écarts vont se resserrer d'un coup, et ceux qui resteront s'expliqueront.
Vérifie que le nombre de clients nécessaires est atteignable avant de signer, pas après.
Si tu veux une fourchette sur ton projet précis, avec ton périmètre et tes contraintes, l'audit gratuit prend deux minutes et te donne un ordre de grandeur plutôt qu'une promesse. Et si tu hésites entre une première version resserrée et une application complète, le MVP d'application mobile détaille l'arbitrage.
À lire aussi :
← Retour au blog Accueil · Concevoir une application qui rapporte · Ma méthode · Blog · Tester ton idée · FAQ